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Trop tôt pour comparer Romanov à Hughes

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Dans la foulée des matchs du Canadien contre les Canucks, plusieurs analystes se sont prêtés au jeu des conclusions hâtives. Non seulement on critiquait à qui mieux mieux le jeu défensif du jeune Quinn Hughes, mais on élogiait également la prestance d’Alexander Romanov. À un point tel où certains voyaient d’un mauvais œil une transaction fictive entre Romanov et Hughes.  

Un talent brut  

La saison dernière, Quinn Hughes a été finaliste pour le trophée Calder, remis à la meilleure recrue. Au-delà de ses statistiques impressionnantes (53 pts en 68 parties), c’est surtout son calme, son agilité, ainsi que son flair offensif qui ont fait tourner bien des têtes. En séries, il a obtenu 16 pts en 17 parties, aidant les Canucks à atteindre la 2e ronde. Cette saison, il mène présentement son équipe avec 14 pts en 13 matchs.  

Oui, son jeu défensif laisse à désirer. Oui, sa petite taille lui complique la tâche devant le filet. Il est aussi vrai que certains de ses revirements s’avèrent couteux pour l’équipe. Toutefois, il ne faut pas oublier qu’il n’a que 21 ans. Les défenseurs offensifs souffrent souvent des mêmes problèmes à un jeune âge. Avec le temps, Hughes peaufinera son jeu défensif et trouvera une façon de compenser pour son physique frêle. De plus, son talent offensif est une denrée non-périssable qui ne s’apprend pas.

Qu’est-ce que Romanov a prouvé ? 

Commençons par une évidence : Alexander Romanov n’a joué que 9 matchs en carrière. Bien qu’il ait plutôt bien paru au cours de cette minuscule séquence, sur quelles bases s’appuie-t-on pour le comparer à Quinn Hughes ? Son énorme succès dans la KHL ? En deux saisons de 43 matchs avec CSKA de Moscou, il a récolté 1 but et 10 passes pour un total de 11 pts. En saison régulière il jouait en moyenne 12:08 par match et en séries 6:44.  

Évidemment, à chaque partie qu’il dispute ici dans la LNH, son passé importe de moins en moins. À Montréal, on a pu remarquer sa mobilité, sa bonne première passe, son agressivité devant le filet et sa vision du jeu. Claude Julien lui fait régulièrement confiance en avantage numérique et à l’occasion en désavantage.  Par contre, on a aussi vu des mises en échecs inutiles, des passes à l’aveuglette, de la confusion en zone défensive et des jeux précipités.

Ainsi, il serait complètement absurde de prétendre que 9 matchs sont suffisants pour déterminer l’étendue du potentiel d’un joueur. D’autant plus que lors de ces quelques matchs, le jeune homme n’a rien accompli de sensationnel. En effet, malgré un statut de défenseur offensif, il ne compte que 2 points à son actif.   

Une rareté à Montréal 

Lorsque partisans et analystes décrivent Romanov comme une perle rare, ils ont à moitié raison. Bien qu’il soit trop tôt pour connaître sa valeur réelle, le jeune défenseur représente néanmoins une rareté chez le Tricolore. Outre en 2010-11, alors que P.K. Subban faisait son entrée sur la scène montréalaise, jamais un défenseur recrue n’avait suscité un tel engouement dans les 20 dernières années.  

Qui plus est, depuis le départ de Subban, le Canadien souffre cruellement de l’absence d’un défenseur offensif. Mikhail Sergachev, 9e choix au total en 2016, a hélas été échangé avant d’avoir pu démontrer quoi que ce soit. Les espoirs de l’organisation reposaient sur les épaules de Nathan Beaulieu et Mike Reilly. Dans ces circonstances, il est donc normal que l’arrivée de Romanov cause des remous.

Au final, Romanov est un défenseur comme on en a trop rarement vu à Montréal : mobile et offensif. L’effet de nouveauté affecte définitivement notre vision des choses. Malgré un bon début de saison, il serait prématuré de le comparer à Quinn Hughes.

Admin Pat
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