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Top 7 des pires sélections de première ronde des Canadiens de Montréal

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Évaluer un joueur qui évolue depuis quelques années dans la LNH est chose assez simple. On le regarde jouer, on observe les statistiques du coin de l’oeil, et on se fait rapidement une idée assez précise du sujet. De même, bien que la progression des niveaux de jeu soit rarement linéaire, et que des exceptions à la règle comme Dominik Hasek (carrière ordinaire et partant suspect à 25 ans, meilleur gardien de la ligue à 29 ans) existent, il nous est possible d’appréhender en grande partie le potentiel et l’avenir des joueurs quand ils sont dans la ligue nationale.

Mais c’est tout autre chose lorsqu’il s’agit de sélectionner un jeune homme de 18 ans et d’essayer de prédire la trajectoire que prendra sa carrière future dans les 20 prochaines années.

Certains joueurs, les McDavids de ce monde, démontrent assez d’habiletés dès un tout jeune âge pour que l’on puisse dire sans se tromper que le succès dans la LNH ne saurait leur être refusé.

Il n’y a cependant que bien peu de joueurs de ce calibre, peut-être un ou deux par an.

Pour ce qui est des autres espoirs disponibles au repêchage, qui sont souvent encore bien loins d’être assez bons pour les plus hautes sphères du hockey, il faut que les recruteurs fassent un long travail d’évaluation, de comparaison, d’entrevues, et ultimement de projection.

Malheureusement, qui dit projection dit aussi très souvent déception.

Et s’il nous est facile après coup, des années plus tard, de décrier la sélection d’un club sans nous soucier du contexte de l’époque, il faudrait plutôt temporiser ces élans par égard pour toutes les complexités qui incombent au recrutement, pour la pression qui sous-tend tout le processus.

Ceci étant dit, certains choix défient toutes ses considérations, et même la plus simple logique. Ces sélections, pires que de simples et occasionnels petits échecs de première ronde comme il y en a tous les ans, transpirent l’erreur de jugement comme autant de gouttes de sueur. Ces désastres laissent derrière eux une empreinte indélébile, douloureuse pour les partisans, bien qu’ils ne mènent pas directement à la ruine d’une club.

Mais qu’en est-il des Canadiens de Montréal?

Les Canadiens de Montréal ont connu nombre d’immenses succès au repêchage tout au long de leur illustre parcours, des 24 conquêtes de la Coupe Stanley.

Inversement, les échecs lamentables vont de paire avec ce défilement des victoires. Ils pullulent de façon relativement égale à travers l’intégralité de l’histoire des repêchages de l’équipe, de 1963 à aujourd’hui. On remarque toutefois une petite prépondérance des années 1990 pour ces échecs (encore elles, impossible d’y échapper…).

Voir cette source pour constater de quoi il en retourne: HockeyDB

Mais il est possible de relever plusieurs sélections, 7 en fait, qui sortent très clairement du lot des simples mauvaises décisions. Ces sélections ont ceci de particulier qu’elles sont toutes absolument putrides même quand les circonstances du moment sont prises en considération, qu’un effort de compréhension est fourni pour essayer (en vain) de les rationaliser.

Ces bijoux d’incompétence crasse méritent d’être exposés au grand jour, d’être revisités bien des années plus tard pour relativiser en quelque sorte les ratés des Canadiens de Montréal, pour nous donner un meilleur cadre de référence en la matière.

À des fins de précision, sachez que Terry Ryan (8e au total en 1995, 3 rangs avant Iginla) ne sera pas inclus dans cette liste. À cet égard, il était un excellent choix au moment du repêchage (110 points en 70 matchs dans la WHL en 1994-1995) dont la carrière a été ensuite gâchée par des blessures importantes.

Le top 7 des pires sélections de première ronde de l’histoire des Canadiens de Montréal, sans plus tarder

7) Matt Higgins: 1996, 18e – sous Réjean Houle

source: canadiens.com

Matt Higgins n’était pas un mauvais joueur à sélectionner en 1996. Son talent, son implication et sa force physique le vouaient en effet à un bel avenir en tant que joueur de 2e ou 3e trio dans la ligue nationale. De plus, il venait de connaître deux saisons somme toute probantes dans la WHL, avec 133 points en 139 matchs en tout.

Bien que son développement ne s’est au final pas vraiment concrétisé, il a tout de même joué 57 matchs avec le CH.

Là où le bas blesse par contre c’est que Daniel Brière, avec ses 163 points dans la LHJMQ en 1995-1996, était de très, très loin supérieur comme espoir. Réjean Houle voulait grossir l’équipe et a (mal) repêché en conséquence. Dans les faits, un petit joueur au potentiel incroyable a été ultimement mis de côté pour choisir Matt Higgins, au potentiel limité mais de plus grand gabarit.

Un Daniel Brière au sommet de sa forme aurait été magnifique à avoir pour le Canadien.

6) Ray Martyniuk: 1970, 5e au total – sous Sam Pollock

source: rabidhabs.com

Ray Martyniuk était un jeune gardien de but acrobatique, jouant un style <<debout>> explosif, et possédant de bons réflexes. Il évoluait en 1970 pour les Bombers de Flin Flon de la WCHL, mais ne possédait qu’un potentiel médiocre comme jeune espoir. Ce n’est en fait que le grand besoin d’un gardien de but du Tricolore d’avant la venue de Ken Dryden qui motivait cette sélection, une situation loin d’être optimale.

Mais la véritable raison qui pousse ce choix au repêchage jusqu’au firmament des mauvaises décisions est l’oubli d’un certain Darryl Sittler, jeune excessivement plus talentueux en 1970. Ce dernier, récoltant 90 points en 54 matchs avec les Knights de London en 1969-1970, allait devenir le futur capitaine des Leafs, un marqueur de plus de 1000 points dans la LNH, et membre du Temple de la Renommée du hockey.

Le fait que Martyniuk n’ait jamais joué pour les Canadiens de Montréal n’aide pas non plus.

Voir cet article pour plus de détails:

5) Cam Connor: 1974, 5e au total – sous Sam Pollock

source: canadiens.com

Voir le nom de Sam Pollock apparaître coup sur coup en ce qui a trait à une liste des pires décisions du Canadien dans le cadre des repêchages peut être une surprise pour certains, avec sa réputation légendaire et le fait qu’il ait chapeauté 9 conquêtes de la Coupe Stanley en 13 ans à la barre du club.

Mais il faut comprendre que le repêchage n’avait pas l’importance à l’époque qu’il a aujourd’hui, que les directeurs généraux traitaient les choix avec désinvolture. Ils les échangeaient sans problèmes et ne tergiversaient pas sur leurs choix. À preuve, les Canadiens ont facilement acquis 4 choix de première ronde supplémentaires (!) en 1974.

Cam Connor, avec ses 91 points en 65 matchs à sa dernière année dans la WCHL, était un espoir assez prometteur. Et il jouerait éventuellement 89 matchs dans la ligue nationale après 4 années passées dans la WHA (rdéfunte rivale de la LNH).

Malheureusement, Connor est loin d’être le meilleur choix au 5e rang; Pierre Larouche et ses 251 points en 67 matchs (!) dans la LHJMQ le sont, avec quelques piscines olympiques d’avance.

4) David Fischer: 2006, 20e au total – sous Bob Gainey

source: Chuck Stoody, Archives PC

Que dire de plus sur cet échec qui n’ait déjà été dit? Fischer, nommé joueur par excellence de la ligue des écoles secondaires des États-Unis en 2006, n’a jamais réussi à percer l’alignement des Canadiens de Montréal. Pire, il a été préféré à Claude Giroux (choisi 22e), l’actuel attaquant tout-étoiles des Flyers et bien meilleur espoir en 2006.

Ce choix était horrible, et il a en quelque sorte souillé l’héritage qu’a laissé Bob Gainey au Canadien (avec l’échange de Gomez) en plus de semer le doute sur la compétence de Trevor Timmins, qui avait fortement insisté pour prendre Fischer.

3) Doug Wickenheiser: 1980, 1er au total – Sous Irving Grundman

source: canadiens.com

Bon, Wickenheiser était un excellent jeune joueur en 1980, et il a eu une très belle carrière avec le Tricolore et quatre autres équipes de la ligue nationale. Toutefois, il n’était pas du tout aussi bon que Denis Savard.

Savard, petit attaquant mobile et extrêmement talentueux, avait marqué plus de points dans la LHJMQ (181, en plus de 23 points en 10 matchs de séries) que Wickenheiser n’en avait obtenu dans la WHL.

Au moment du repêchage, Wickenheiser, fort de sa production, de son grand talent et de sa carrure, avait le potentiel d’un premier centre, tout à fait, mais Savard montrait les signes avant-coureurs d’une carrière digne du Temple de la Renommée, ce qui s’est finalement concrétisé.

Bref, les Canadiens n’ont pas mal choisi à proprement parler en sélectionnant le grand joueur de centre, l’erreur était plutôt dans le fait de ne pas repêcher Savard, un des meilleurs joueurs de tous les temps.

2) Jason Ward: 1997, 11e au total – sous Réjean Houle

source: canadiens.com

Ward est un vétéran de plus de 300 matchs dans la LNH. Plus précisément, il totalise 81 points en 336 matchs comme joueur de 3e-4e trio et employé de soutien.

Bien que Ward ne se soit pas développé à la hauteur du talent qu’il avait montré comme jeune espoir, avec son mélange intriguant de force, de vitesse et de talent (et 64 points en 58 affrontements dans la OHL), il n’était pas en lui-même un mauvais choix pour les Canadiens de Montréal de 1997.

Par contre, le fait de ne pas avoir choisi Marián Hossa, que les Sénateurs sélectionneraient 12e, installe Jason Ward très haut au sein de la hiérarchie sordide des pires choix de première ronde des Canadiens de Montréal.

Hossa, fort d’une très bonne saison pour le HC Dukla Trencin de la ligue professionnelle de Slovaquie en 1996-1997 (54 points en 53 matchs), et d’une forte performance au Championnat du monde junior des moins de 20 ans (7 points en 6 parties) la même année, constituait dès le départ un bien meilleur choix.

À ce titre, imaginez un Canadien de la fin 1990, du début 2000, pouvant compter non seulement sur Koivu, mais aussi sur Hossa au sommet de sa forme…

1) Brent Bilodeau, 1991, 17e au total – sous Serge Savard

Avant le repêchage de 1991, Bilodeau jouait comme défenseur défensif pour les Thunderbirds de Seattle dans la WHL, où il a inscrit 25 points en 55 matchs. À 6 pieds et 4 pouces, fort, hargneux et pugiliste habile, il représentait l’archétype du joueur physique que convoitait Serge Savard pour sa brigade défensive, d’où son ajout.

Cependant, la technique, la mécanique et l’impulsion du coup de patin de Bilodeau étaient tout simplement atroces, et son intelligence sur la glace laissait à désirer.

Les recruteurs de l’équipe auraient dû comprendre que de pareils manquements ne pouvaient être corrigés, qu’il aurait mieux valu repêcher quelqu’un d’autre à la place. Mais non, Brent Bilodeau fût le choix du Canadien, sélectionné entre Markus Naslund (16e) et Glen Murray (18e), avec d’autres excellents espoirs comme Ray Whitney encore disponibles.

Bilodeau aurait été plus à sa place en 4e ou 5e ronde, pas en première, et c’est la raison pour laquelle il est définitivement le pire choix de l’illustre histoire des Canadiens de Montréal.

Admin Pat
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