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Top 5 des saisons les plus décevantes du Canadien depuis 1990

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Les analystes des grandes chaînes de sport abondent tous dans le même sens lorsqu’il s’agit des changements de la saison morte des Canadiens de Montréal. Selon leurs dires, l’arrivée des nouveaux effectifs sont immensément bénéfiques pour l’équipe.

À ce point même que plusieurs experts s’entendent pour placer Montréal dans les hautes sphères d’une éventuelle division 100% canadienne.

Voir ici l’article de mon collègue Yves Lanthier à ce sujet:

https://danslenclave.ca/une-forte-majorite-des-professionnels-sondes-voient-les-canadiens-en-series-selon-pierre-lebrun/

Mais les partisans du Tricolore se sont à la longue habitués aux amères déceptions, aux grandes espérances flouées, trahies.

Il est vrai qu’un optimisme non-négligeable règne en ce moment, certes. Mais le doute, entretenu avec ferveur par la ribambelle d’équipes et résultats médiocres des trente dernières années, perdure.

Il faudra bien plus que de simples pronostics favorables pour arriver à le faire disparaître. Surtout si l’on considère qu’avec tous les changements opérés lors de la saison morte, le Canadien n’est toujours pas une équipe favorite pour gagner la Coupe Stanley.

En fait, si l’on se penche un tant soit peu minutieusement sur les résultats inégaux de l’équipe depuis l’entrée en poste de Bergevin en 2012, il devient difficile de ne pas envisager le pire quant aux véritables chances de l’équipe de bien performer la saison prochaine.

À cela s’ajoutent les échecs du repêchage et du développement des joueurs de la même période jusqu’à récemment, certaines embauches teintées de népotisme (entre autres Nick Carrière et Sylvain Lefebvre), et la très flagrante primauté des profits par rapport aux victoires de la part des propriétaires de l’équipe.

Difficile dans ce cadre de ne pas douter du CH vous en conviendrez.

Mais quelle est l’origine de tout ce scepticisme, de ce doute à l’égard des Canadiens de Montréal?

En cherchant un peu, il est possible de remarquer un véritable changement de ton des partisans ainsi que des médias à l’égard des Canadiens datant du milieu des années 1990.

Il est vrai que ce durcissement du ton, ce désaveux du club de la part des fans a pour cause principale les résultats décevants des Canadiens sous Serge Savard et surtout Réjean Houle. Mais cette perte de confiance s’est vu aussi amplifiée par le départ des Nordiques, qui a exacerbé l’attention médiatique entourant l’équipe. Certaines décisions des plus dommageables ont également ébranlé la foi des partisans en ce qui a trait au Tricolore, dont les échanges absolument atroces de Chris Chelios, Patrick Roy et Mark Recchi.

Cependant, il faut préciser que le doute ne s’est pas instauré en une seule fois, mais plutôt au terme d’une déchéance lancinante et douloureuse menant jusqu’aux années 2000.

Ce scepticisme allait par la suite se solidifier dans l’esprit d’une bonne part des partisans par l’entremise du même cycle d’échecs et de petites réussites qui se reproduit encore aujourd’hui presque immuablement, plus de 20 ans après les faits.

Toujours en est-il que 5 saisons depuis 1990 se démarquent assez aisément des autres lorsqu’il s’agit des déceptions qu’elles ont fait vivre aux partisans. Ces saisons méritent d’être explorées plus avant pour nous permettre de fixer dans le temps les déconvenues du Tricolore, de dresser un cadre de référence cohérent pour tout ce doute.

Cette liste compilant les résultats des saisons des Canadiens s’est révélée très utile pour appréhender les déconfitures de l’équipe:

https://records.nhl.com/franchises/montreal-canadiens/year-by-year-record

Sans plus tarder, voici le top 5 des saisons les plus décevantes des Canadiens de Montréal depuis 1990

5) La campagne 2015-2016 – sous Marc Bergevin et Michel Therrien

source: Archives de Radio-Canada

Après trois excellentes saisons, où les Canadiens avaient terminé respectivement deuxièmes, quatrièmes et encore une fois deuxièmes de l’Est, ils ont vécu une saison 2015-2016 tout simplement misérable. De fait, ils ont terminé au 13e rang dans l’Est en 2015-2016, avec une maigre récolte de 82 points et 38 victoires.

Encore plus décevant, les résultats du Canadien étaient extrêmement bons en début de campagne. Ils avaient obtenu 9 victoires consécutives pour commencer la saison et possédaient une fiche superbe de 18-4-3 à la fin Novembre. Avec une pareille feuille de route, les chances pour que l’équipe ne se qualifie pas pour les séries d’après-saison paraissaient nulles…

Mais pourtant, l’aggravation d’une blessure mal-guérie au genou de Carey Price, le 25 Novembre au Madison Square Garden, allait vraiment tout gâcher.

Au final, sans leur gardien de but numéro un, les Canadiens n’obtiendraient que 20 victoires dans leurs 57 matchs à partir de Décembre, coulant sans détours au classement des équipes.

Cette situation a eu ceci de positif par contre qu’elle a prouvé à quel point Price était important pour l’équipe, et à quel point cette dernière était mal équilibrée. Cette déconvenue remarquable a donc en quelque sorte mené à certains changements positifs dont l’échange pour aller chercher Danault, et la transaction Subban-Weber.

Ces points positifs sont la seule raison pour laquelle cette année en particulier ne figure pas plus haut dans la hiérarchie de cette liste des saisons décevantes.

4) La saison 2008-2009 – sous Bob Gainey et Guy Carbonneau

La saison 2008-2009, le centenaire des Canadiens, marque l’une des rares fois depuis le milieu des années 1990 où le Tricolore figurait parmi les grandes équipes favorites en début de saison.

Durant la saison morte de 2008, Gainey avait transigé pour aller chercher Alex Tanguay, joueur au grand talent et merveilleux fabricant de jeu, des Flames de Calgary. Ensuite, Il avait signé Laraque pour sa robustesse en plus d’aller ajouter Robert Lang, un centre de deuxième trio solide, à une équipe déjà pressentie comme une des meilleures de la LNH offensivement. Sans parler du brio incroyable de Markov sur l’avantage numérique.

De même, les frères Kostitsyn avaient bien fait en 2007-2008 et semblaient prêts à véritablement éclore à Montréal. Kovalev venait aussi de connaître l’une de ses meilleures saisons à vie avec 84 points en 82 matchs.

L’équipe était également somme toute profonde à l’attaque, avec des Plekanec, Latendresse et Lapierre comme excellents joueurs de soutien.

Bref, tout portait à croire que Montréal se préparait à connaître une fastueuse saison régulière et ensuite peut-être même prétendre à la Coupe Stanley. Mais il n’en a rien été.

Ce qui est plutôt arrivé c’est que l’équipe a semblé manquer de synchronisme toute l’année et a joué de façon nonchalante sous les ordres de Carbonneau, Kovalev surtout.

En définitive, le Tricolore a livré un jeu décousu, accumulé les défaites, et n’a réussi que de peine et de misère à se tailler une place en séries après le congédiement de Carbonneau et la prise de contrôle de Bob Gainey.

Quatre défaites consécutives plus tard, le club se voyait balayé des séries par les Bruins, une fin abrupte et amère à une saison décevante pour les partisans menant à l’échange ridicule pour Gomez.

Voir cet article au sujet de cette saison:

http://notrehistoire.canadiens.com/season/2008-2009

3) L’horrible saison 1998-1999 – sous Réjean Houle et Alain Vigneault

Source: Elsa, Getty Images.

Plus que le simple échec des 75 points et la 11e place de l’équipe dans l’Est, la saison 1998-1999 représente une véritable capitulation de la part des haut-placés de l’équipe, des entraîneurs jusqu’aux propriétaires de l’époque, les Molsons.

Malgré le fait que les Canadiens continuaient à se qualifier pour les séries d’après-saison à l’arrachée depuis l’échec de 1994-1995, les résultats étaient loin d’être probants d’année en année pour le club. Le repêchage faisait défaut également, ce qui a poussé les dirigeants à vouloir accumuler d’autres choix pour regarnir la banque de jeunes espoirs.

Au final, Damphousse et Recchi se sont vus envoyés ailleurs, deux échanges absolument exécrables dès le départ lorsqu’il s’agit de la valeur acquise en retour, sans parler de tous les partisans déçus de voir les meilleurs joueurs de l’équipe partir.

Voir cette liste des échanges des Canadiens pour constater l’ampleur du désastre:

http://www.nhltradetracker.com/user/trade_list_by_team/Montreal_Canadiens/9

S’étant départi de ses derniers joueurs d’impact offensivement à part Koivu, le Canadien allait commencer une disette des séries qui durerait des années et découragerait nombre de fans.

Les mauvaises performances de l’équipe se poursuivraient longtemps, laissant filtrer très peu d’espoir à l’horizon pour les partisans de par les ratés sordides du repêchage, et occasionnant une véritable pluie de mauvaises décisions des haut-placés de l’équipe pour tenter de contenter les fans, de les motiver à acheter des billets.

Bref, le cycle de la médiocrité des 20 dernières années, mettant en scène une portion de mauvaises performances contrebalancées par quelques réussites, voyait le jour.

En fait, la seule raison pour laquelle cette saison n’est pas insérée beaucoup plus haut au sein de cette liste est qu’elle symbolise le moment où la déchéance de l’équipe montréalaise se confirmait, vrai, mais qu’elle n’incarne en définitive que le parachèvement d’un processus enclenché plus tôt.

2) L’atroce campagne 1994-1995 – sous Serge Savard et Jacque Demers

source: sportslabs,com

La saison 1994-1995 a été bouleversée par le premier lockout que devait connaître la Ligue nationale. En ce sens, seuls 48 matchs ne seraient joués cette année-là, ce qui a influé grandement sur les résultats finaux du classement.

Et le Canadien, avec un début de saison pitoyable ne comptabilisant que 7 victoires lors des 20 premiers affrontements, se verrait incapable finalement de s’accaparer une place en séries pour une première fois depuis la saison 1969-1970 (!).

Pour mieux comprendre le contexte, il est important de préciser que la récolte de 43 points en 48 parties de 1994-1995, dont seulement 18 victoires, constituait à l’époque la pire récolte de points par match de l’équipe (0,895) depuis 1947-1948 (0.85). C’est dire comme elle rompait avec une tradition de victoires et de succès.

À cet égard, on ne saurait minimiser l’impact négatif qu’a eu la fin de cette glorieuse séquence de près de 25 années consécutives à atteindre les séries sur le moral et la confiance des partisans à l’endroit des Canadiens.

La putride transaction ayant envoyé Desjardins et Leclair, des jeunes très importants pour l’équipe à l’époque, aux Flyers n’a pas aidé la cause, ni non plus l’échange de Carbonneau aux Blues de St. Louis durant la saison morte de 1994.

L’abominable transaction impliquant Patrick Roy est même d’une certaine façon tributaire de cette pitoyable saison. En effet, il n’y aurait pas eu de renvoi pour Demers après cinq défaites de suite en début de saison 1995-1996 sans les contre-performances de 1994-1995 et la crainte des propriétaires de rater les séries pour la deuxième fois en autant d’années. Et sûrement que Roy n’aurait pas été envoyé à Colorado sans la très célèbre altercation avec Mario Tremblay.

1) L’affreuse saison 1995-1996 – sous Réjean Houle et Mario Tremblay

source: rds.ca

Certains fans ne seront pas surpris de voir cette saison, qui a vu Patrick Roy partir pour le Colorado ainsi que Turgeon échangé aux Blues, au sommet de cette liste des saisons les plus décevantes.

Malgré la qualification pour les séries de 1996, les décisions hautement regrettables de la même année ont en quelque sorte précipité la chute du Canadien de son statut absolument élite dans la LNH vers les bas fonds de la médiocrité, dont l’équipe ne s’est pas encore affranchie.

Sans trop nous attarder sur le sujet puisqu’il a déjà été exploré de long en large par d’autres, si l’on peut identifier une saison de l’histoire de la Sainte Flanelle qui marque les débuts de temps beaucoup plus difficiles pour l’équipe et pour les partisans, et bien ce serait celle-ci.

Inversement, si l’équipe avait gardé le cap en 1995-1996 sans s’affoler, si Montréal n’avait pas échangé Roy ou Turgeon, mettant en place les conditions nécessaires aux échecs futurs du club, peut-être que la descente aux enfers de la fin 1990 aurait pu être évitée.

Enfin, tous ces <<si>> ne sont rien de plus qu’autant de voeux pieux, que les ruminations vides de sens d’un fan des Canadiens de Montréal.

Et bon, si les discours somme toute optimistes des analystes lorsqu’il s’agit de la saison 2020-2021 des Canadiens ne sont de même que des conjectures, il demeure que que ces derniers ont au moins le mérite de pouvoir se réaliser, aussi accablantes que puissent être les erreurs et les déceptions qui nourrissent le doute envers l’équipe.

Admin Pat
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