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Shane Churla, une perte de taille pour Montréal?

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Shane Churla, après son parcours de joueur de soutien dans la LNH de 1986 à 1997, est devenu un recruteur professionnel pour les Coyotes de Phoenix, de 2000 à 2005. Puis il s’est vu offrir le même travail chez les Stars de Dallas de 2005 à 2013 avant d’entrer dans l’organisation du Canadien comme chef du recrutement la même année.

Quatre ans plus tard il recevait une autre promotion, devenant de fait directeur du recrutement amateur du CH. Ses nouvelles responsabilités englobaient le fait de s’occuper de la part du lion de l’évaluation des jeunes joueurs. Sans oublier l’élaboration des liste pour les repêchage du Tricolore de 2017 à 2020.

Mais ce même Shane Churla a quitté lundi passé son poste de directeur du recrutement amateur auprès des Canadiens de Montréal, fonction qu’il occupait depuis 2017.

Les Panthers de la Floride lui ont offert le même titre d’emploi, mais avec plus d’autonomie et une meilleure opportunité de se faire valoir, sans parler des plaisirs de la vie en Floride, d’où son départ.

“Shane is an experienced and talented addition for our organization in the scouting department”

“We couldn’t be more excited about the continued growth of our hockey operations department and our investment in the future of our franchise.”

Barry Zito, directeur général des Panthers, 23 Novembre 2020.
Image obtenue par l’entremise de NHL.com

Mais en quoi ce départ vient-il affecter les Canadiens de Montréal? Et comment est-il possible de quantifier l’impact individuel de Shane Churla?

Le travail d’un recruteur est somme toute assez difficile à évaluer, pris individuellement. Il discute avec ses collègues, évalue les jeunes talents, met sur pieds des listes, fait des recommandations à ses supérieurs, qui eux colligent les données de tous leur personnel et obtiennent ainsi une ou plusieurs listes finales d’équipe, souvent la veille du repêchage en lui-même.

Le processus est complexe, lancinant, et s’inscrit de fait dans une dynamique de complémentarité des points de vue, qui ne se prête guère aux évaluations individuelles. Pire, le cadre bureaucratique entourant les fonctions de directeur du recrutement ne facilite pas les tentatives de jauger de la performance de chacun.

À cet effet, même si le titre de la fonction est le même à travers la LNH, les responsabilités qui incombent véritablement au directeur du recrutement, les moyens mis à sa disposition, dépendent grandement des autres membres de la direction d’une équipe. Il est question ici, plus précisément, des rôles que les plus haut-placés se réservent dans le processus du repêchage, de leur ingérence.

Cependant, en observant les tendances générales du repêchage sur plusieurs années, les succès et les échecs, il est possible de voir si un directeur du recrutement a été bon ou non dans l’exercice de ses fonctions.

Pour ce faire, il faut dépouiller les liste des joueurs repêchés sous ses ordres et voir si ceux-ci se comparent favorablement au reste de la ligue. Une attention particulière doit être portée sur les espoirs sélectionnés après la première ronde dans ce cas précis, puisque ce sont souvent les directeurs généraux et leurs assistants qui s’attribuent le soin de repêcher en première ronde.

Cette comparaison est longue et complexe, mais fort heureusement je m’étais livré à une exercice connexe il y a à peine quelques jours.

Un travail exemplaire comme directeur du recrutement

En 2017, la première année prise en charge par Churla, le Tricolore a repêché Poehling (25e), Brook (56e), Fleury (87e) et Primeau (206e), quatre jeunes possédant un futur très intéressant dans la LNH, dont trois après la première ronde, ce qui représente un des meilleurs rendements en la matière de tous les clubs de la ligue nationale.

Pour ce qui est de 2018, la saison de misère des Canadiens cette année-là a aidé lorsqu’il s’agit de Kotkaniemi (3e au total), mais les sélections de Ylonen (35e), Romanov (38e) et Harris (71e) ont été d’excellent coups, surtout Romanov.

De même, en 2019 l’équipe a eu la chance de voir Caufield lui tomber sous la main (15e), mais le choix de Norlinder (64e) semble être très bon, tandis que Struble (46e) montre énormément de potentiel, et que Fairbrother (77e) évolue bien.

Force est d’admettre, même s’il est encore beaucoup trop tôt pour se prononcer de manière définitive, que les cuvées de jeunes joueurs acquises sous Churla sont assez impressionnantes. En fait, il est clair qu’elles sont plus prometteuses que ne l’étaient les sélections de 2013 à 2016, époque où Churla avait moins de responsabilités.

Voir ici cette liste pour les informations du repêchage: https://www.hockeydb.com/ihdb/draft/teams/dr00006929.html

Au vu de pareils résultats, l’impact très positif de Shane Churla comme directeur du recrutement devient limpide. En conséquence, il est donc probable que les récents succès de l’équipe au repêchage s’estompent en partie si les Canadiens de Montréal n’arrivent pas à lui trouver un digne remplaçant.

Admin Pat
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