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Le Canadien parmi les meilleures équipes de la LNH?

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Moins de deux semaines depuis le début de la saison, le Canadien trône au sommet du classement de la division Nord et nombre d’analystes s’entendent pour dire que l’équipe appartient à l’élite de la LNH. Certains de mes collègues pensent même que le Tricolore est le meilleur club de tous en ce moment.

Mais est-ce vraiment le cas?

Il est vrai que les victoires du Canadien contre Edmonton ont été impressionnantes. Mais les Oilers sont très peu profonds à l’attaque, médiocres défensivement, et faibles au niveau des gardiens de but.

Les matchs opposant les Canadiens aux Oilers se sont tous deux soldés par d’éclatantes victoires pour Montréal. Les super-vedettes offensives d’Edmonton n’ont pas réussi à s’illustrer. Le Canadien a inscrit 8 buts au cours des deux rencontres, n’en accordant que 2 en contrepartie, et bien peu de chances de marquer.

Quoique les victoires aient été très convaincantes, les défenseurs des Oilers sans Klefbom doivent tous prendre sur eux de plus grandes responsabilités, ce qui réduit grandement leur efficacité sur la surface glacée. De plus, la profondeur de l’équipe au sein des troisièmes et quatrièmes trios fait grandement défaut. Sans oublier les performances ordinaires tout au plus de Mikko Koskinen devant les filets et la blessure de Mike Smith.

Bref, en observant de plus près, il apparaît assez vite qu’Edmonton, avec toutes ses faiblesses à masquer, pourrait faire partie des trois équipes de la division Nord exclues d’office des séries à la fin de la saison, comme Ottawa et Vancouver.

Disons simplement que l’héritage de médiocrité d’Edmonton depuis 2006 perdure, et qu’une contre-performance de l’équipe cette saison après de bons résultats globalement en 2020 n’aurait rien d’étonnant. Les Oilers étaient exactement dans la même position en 2017-2018 qu’aujourd’hui, incapables de se distinguer sur la glace après s’être taillé une place en séries l’année précédente.

Ainsi, bien que les matchs contre Edmonton ont permis de jauger l’implication défensive de l’équipe et la qualité générale de son jeu à 5-contre-5, ils ne constituent pas un barème d’évaluation suffisant en eux-mêmes pour trancher dans un sens ou dans l’autre quant à la qualité du jeu du Canadien par rapport au reste de la ligue.

Ce qui nous mène à parler de Vancouver, et de la raison pour laquelle gagner contre cette équipe n’a rien d’extraordinaire non plus.

Les horribles contrats accordés aux Beagle, Sutter, Roussel, Ferland (et son contrat non-assuré en cas de blessure…), Loui Eriksson (ouch…) et Tyler Myers ont empêché l’équipe de garder 3 de leurs meilleurs joueurs lors de la saison morte de 2020.

En fait, cette mauvaise gestion de la masse salariale a eu pour résultat direct l’exode forcé de Tanev, leur défenseur le plus fiable et un leader très important dans la chambre des joueurs, et Markstrom, un des meilleurs gardiens de but, vers Calgary. Toffoli, le troisième gros morceau à quitter Vancouver, a plutôt opté de se joindre à Montréal, au plus grand plaisir des partisans montréalais.

Il va sans dire que les contrats trop onéreux accordés à des joueurs de soutien ont donc beaucoup nui à l’équipe. Et celle-ci pourrait bien être maintenant l’une des 4 ou 5 pires de toute la LNH en dépit de la présence d’excellents jeunes tels Quinn Hughes et Elias Pettersson.

Il est vrai que marquer 17 buts en trois matchs contre Vancouver est un signe encourageant. Comme l’est également le travail des attaquants en échec-avant et une variété d’autres facteurs, mais il faut reconnaître qu’une telle opposition ferait bien paraître beaucoup de clubs à travers la ligue. L’état-major des Canucks doit s’estimer heureux d’avoir dû se départir de son choix de première ronde de 2020 et non 2021 dans le cadre de l’échange impliquant J.T. Miller en 2019.

Face à de telles erreurs de couverture défensive, autant de revirements et de surnombres accordés, même un club de la Ligue américaine aurait explosé offensivement contre Vancouver (j’exagère, mais à peine), qui a alloué 5 buts à cinq reprises en l’espace de sept matchs depuis le début de la saison.

Les statistiques avancées du Canadien sont formelles; les joueurs du CH ont été à date très chanceux (ou inversement, leurs adversaires très mauvais) sur la patinoire en 2021.

Bon, les statistiques avancées ne sauraient expliquer l’intégralité des variables entourant le sport, ni permettre le moins du monde d’anticiper les résultats futurs d’une équipe. Mais elles permettent de mieux cerner, de quantifier en quelque sorte certains des phénomènes les moins tangibles du hockey pour permettre une meilleure appréciation des forces en présence, une analyse plus approfondie.

Ainsi, sans vouloir entrer dans les détails compliqués des statistiques avancées de Montréal (consultées ici), il faut comprendre que, malgré la haute position du club au classement, les Canadiens concèdent en moyenne plus de chances de marquer à leurs adversaires qu’il n’en obtiennent eux-mêmes (xGF-xGA).

De même, le pourcentage de réussite des tirs d’équipe (11.2%) est largement supérieur à la moyenne de la LNH (7.9%), ce qui pourrait aisément être sujet à régression. Surtout si le Canadien arrête de bénéficier des largesses défensives d’Edmonton et de Vancouver, sans même parler de leurs revirements à outrance.

Ensuite on constate que l’indice de PDO de Montréal dépasse la moyenne (103.2 contre 100, une différence non-négligeable pour cette statistique particulière), ce qui confirme que la formation montréalaise a bel et bien bénéficié d’une bonne dose de <<chance>> dans ces matchs jusqu’ici, une séquence qui pourrait aussi s’inverser aux cours des prochains affrontements.

Toutefois, les statistiques de possession de rondelle à 5-contre-5 du Canadien sont tout simplement irréprochables (CF% de 54.4), ce qui pourrait mitiger en partie les effets pernicieux d’un retour du balancier quant à l’opportunisme des joueurs sur la patinoire (comme ça a été le cas pour nombre de clubs efficaces à égalité numérique au fil des ans).

Mais qu’est-ce que tout cela peut bien vouloir dire pour le Canadien?

À part la première partie de la saison, contre Toronto, Montréal n’a pas encore affronté d’adversaires vraiment solides. L’équipe a simplement dominé deux mauvais clubs sans être véritablement testée, poussée dans ses derniers retranchements par une opposition soutenue.

Donc, les gains contre les Oilers et Canucks sont un bon signe, des points au tableau qui seront utiles en fin de saison, mais pas vraiment le genre de performance, surtout en début de calendrier, sur lesquelles se baser pour justifier la propulsion du Canadien parmi les rangs de l’élite de la LNH que plusieurs analystes préconisent.

En outre, les statistiques avancées laissent planer un certain doute quant à la capacité de l’équipe à continuer sur sa lancée puisque les victoires semblent en partie tributaires de la chance, d’un pourcentage de réussite sur les tirs au filet probablement impossible à maintenir.

Bref, il faut rester prudents dans nos prédictions, juguler quelque peu notre enthousiasme, observer les rendements de l’équipe la tête froide et reconnaître qu’elle n’a pas encore assez fait ses preuves pour figurer parmi les meilleurs équipes du circuit. Elle n’est pas si loin non plus par contre.

Au final, Il faudra que le Canadien continue sur sa lancée, gagne ses matchs contre des équipes plus solides qu’Edmonton et Vancouver pour <<prouver sa valeur>> et mériter sa place au sommet des puissances de la LNH en compagnie de l’Avalanche, du Lightning, de Vegas et ainsi de suite.

Admin Pat
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